Certaines infections persistantes peuvent, après plusieurs années, favoriser l'apparition d'un cancer. Les papillomavirus humains et le virus de l'hépatite B sont les deux exemples pour lesquels une vaccination permet de réduire ce risque. Les vaccins contre les cancers liés aux infections agissent avant l'exposition au virus et ne constituent donc pas un traitement. Ils complètent d'autres mesures, dont le dépistage et la prévention des transmissions.
Points clés
- Près de 80 % des femmes et des hommes rencontrent un papillomavirus humain au cours de leur vie.
- Les HPV sont associés à environ 7 130 nouveaux cancers chaque année en France, selon les estimations sanitaires disponibles.
- Les HPV sont impliqués dans 99 % des cancers du col de l'utérus.
- Une infection persistante par certains HPV peut évoluer vers un cancer en 10 à 30 ans, ce qui laisse une large place à la prévention.
Les deux vaccinations qui préviennent certains cancers liés aux infections
Les infections responsables de cancers ne conduisent pas toutes à une maladie tumorale. La plupart des infections à papillomavirus humains disparaissent spontanément grâce à la réponse immunitaire. Le risque apparaît lorsqu'un type viral à haut risque persiste dans l'organisme et provoque des anomalies cellulaires.
Douze types de HPV transmis par voie sexuelle sont classés cancérogènes. Ils peuvent être à l'origine de cancers du col de l'utérus, de la vulve, du vagin, de l'anus, du pénis et de certains cancers de la sphère ORL, c'est-à-dire de la bouche et de la gorge.
Le virus de l'hépatite B suit un mécanisme différent. Une hépatite B chronique peut entraîner une inflammation durable du foie, puis une cirrhose. Ce terrain augmente le risque de carcinome hépatocellulaire, la forme la plus fréquente de cancer primitif du foie.
| Vaccination | Infection ciblée | Cancers dont le risque est réduit | Principe de protection |
|---|---|---|---|
| Vaccination contre les HPV | Papillomavirus humains à haut risque | Col de l'utérus, anus, vulve, vagin, pénis et certains cancers ORL | Prévenir l'infection par les types viraux ciblés |
| Vaccination contre l'hépatite B | Virus de l'hépatite B | Cancer du foie lié à une hépatite B chronique | Éviter l'infection chronique et ses complications hépatiques |
La vaccination contre les HPV réduit le risque de plusieurs cancers
La vaccination contre les HPV repose aujourd'hui sur Gardasil 9. Ce vaccin protège contre neuf types de papillomavirus, dont plusieurs responsables de la majorité des cancers associés aux HPV. Il ne contient pas de virus vivant et ne peut pas provoquer une infection à HPV.
Les essais cliniques ont montré une efficacité proche de 100 % contre les lésions précancéreuses du col liées aux types ciblés, chez les personnes vaccinées avant l'exposition. La protection contre les infections aiguës dues à ces mêmes types a atteint jusqu'à 90 % dans les études. Ces résultats concernent les types couverts par le vaccin et ne signifient pas qu'aucun cancer ne puisse survenir.
La vaccination HPV pour la prévention du cancer est recommandée aux filles et aux garçons âgés de 11 à 14 ans. Deux doses sont alors administrées, avec un intervalle de six à treize mois. Cette période correspond à une réponse immunitaire très efficace et précède habituellement les premières expositions sexuelles.
Le schéma compte trois doses pour les adolescents qui débutent entre 15 et 19 ans. Une troisième dose est aussi prévue chez les personnes immunodéprimées, selon les modalités définies avec le médecin. La vaccination ne traite pas une infection HPV existante, mais elle peut encore protéger contre les types viraux non rencontrés.
Le vaccin contre l'hépatite B protège aussi le foie
Le vaccin contre l'hépatite B prévient une infection transmise par le sang, les relations sexuelles ou, plus rarement en France, de la mère à l'enfant lors de l'accouchement. Il apprend au système immunitaire à produire des anticorps dirigés contre le virus. L'immunisation évite ainsi une part des infections aiguës et, surtout, des formes chroniques.
Le lien entre le vaccin hépatite B et le cancer du foie est indirect mais solidement établi. En prévenant l'hépatite B chronique, la vaccination réduit la probabilité d'une cirrhose et d'un cancer du foie lié au VHB. Cette prévention est particulièrement utile lorsque l'exposition potentielle intervient tôt dans la vie.
La vaccination contre l'hépatite B fait partie des vaccinations obligatoires chez les enfants nés depuis le 1er janvier 2018. Elle peut aussi être proposée en rattrapage aux enfants et adolescents non vaccinés, ainsi qu'aux adultes exposés à un risque particulier. Une sérologie ou un schéma adapté peut être discuté avec un professionnel de santé pour les personnes dont le statut vaccinal est incertain.
Le calendrier vaccinal permet un rattrapage contre les HPV
Le rattrapage de la vaccination HPV concerne les jeunes femmes et les jeunes hommes de 15 à 19 ans qui n'ont pas reçu le schéma complet. Pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, un rattrapage possible jusqu'à 26 ans révolus est prévu. Cette recommandation tient compte d'un risque plus élevé de cancers anogénitaux associés aux HPV dans ce groupe.
Le calendrier vaccinal permet d'adapter le nombre de doses à l'âge de début et à l'état immunitaire. Une dose oubliée ne demande pas de recommencer tout le schéma. Le professionnel de santé calcule les doses restantes en respectant les intervalles recommandés.
Les carnets de vaccination peuvent ressembler à un volcan administratif lorsqu'ils sont incomplets, mais les dates consignées évitent souvent des injections inutiles. Le médecin, le pharmacien, la sage-femme ou l'infirmier peut vérifier la situation individuelle.
La prévention des cancers ORL passe aussi par une vigilance sur la santé de la bouche, sans confondre les rôles de chaque mesure. Une bonne hygiène bucco-dentaire ne protège pas contre les HPV, tandis que la vaccination n’évite pas les soins dentaires habituels.
La vaccination et le dépistage restent complémentaires
La vaccination protège contre les principaux types de HPV ciblés, mais aucun vaccin ne couvre tous les virus à haut risque. La vaccination ne remplace pas le dépistage du cancer du col de l'utérus. Les femmes vaccinées doivent donc continuer à participer au programme de dépistage selon leur âge et les recommandations reçues.
En France, le dépistage du cancer du col repose sur un prélèvement cervical. Entre 25 et 29 ans, la recherche d'anomalies cellulaires est proposée selon un rythme défini. De 30 à 65 ans, un test de détection des HPV à haut risque est privilégié, avec un intervalle plus long lorsque le résultat est négatif.
Le dépistage des cancers infectieux ne se limite pas au col de l'utérus. Une consultation est justifiée en cas de symptômes persistants, comme des saignements génitaux inhabituels, une lésion anale durable, une gêne à la déglutition ou une jaunisse. Ces signes ont de nombreuses causes possibles et ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à un cancer.
Questions fréquentes sur les vaccins contre les cancers liés aux infections
Le vaccin HPV est-il utile après le début de la vie sexuelle ?
Oui, il peut encore apporter une protection contre des types de HPV qui n'ont pas été rencontrés. Son efficacité est toutefois maximale avant toute exposition au virus. Le rattrapage recommandé dépend de l'âge, du sexe et de certaines situations particulières.
Gardasil 9 protège-t-il contre tous les cancers du col de l'utérus ?
Non, Gardasil 9 cible les HPV responsables d'une grande part des cancers, sans couvrir tous les types à haut risque. Le dépistage régulier reste donc nécessaire, même après un schéma vaccinal complet. Cette association vaccination-dépistage est la stratégie la plus protectrice.
Le vaccin contre l'hépatite B protège-t-il immédiatement contre le cancer du foie ?
Le vaccin évite l'infection par le VHB et ses conséquences à long terme. Son effet sur le risque de cancer intervient en empêchant l'hépatite chronique, la cirrhose et l'inflammation persistante du foie. Il ne traite pas une hépatite B déjà installée.
Peut-on recevoir les vaccins HPV et hépatite B le même jour ?
Oui, ces vaccins peuvent être administrés lors de la même consultation, sur des sites d'injection différents. Cette coadministration permet de respecter plus facilement le calendrier vaccinal. Le professionnel de santé vérifie les contre-indications individuelles et les doses déjà reçues.
La prévention des cancers liés aux virus repose sur des outils concrets et complémentaires. La vaccination contre les HPV et contre l'hépatite B réduit des risques évitables, tandis que le dépistage détecte précocement les lésions ou anomalies qui peuvent encore être prises en charge.

